Slow life

Slow Life : vite, ralentissons !

« Vous avez les montres, nous avons le temps. » Derrière ce proverbe africain non dénué d’ironie se cache une réalité : l’Occident accélère. Les innovations technologiques nous permettent d’aller plus vite, d’être au bout du monde en 12 h, de télécharger une œuvre complète d’un auteur bavard en moins d’une minute, de faire une rencontre amoureuse en moins de sept minutes… Et de nous sentir toujours débordés. « Cela se traduit de façon subjective par une recrudescence du sentiment d’urgence, de culpabilité, de stress, l’angoisse des horaires, la nécessité d’accélérer encore, la peur de « ne plus pouvoir suivre ». À cela s’ajoute le sentiment que nous ne voyons pas passer nos vies, qu’elles nous échappent », explique Hartmut Rosa, sociologue et auteur d’Aliénation et accélération. À devoir faire davantage de choses dans une unité de temps, on rogne parfois sur les choses essentielles : notre temps de sommeil a perdu 2 heures depuis les années 70 !

« … où le temps s’écoule à la vitesse du soleil et de la fonte des neiges »

Quelques-uns ont choisi de s’extraire de la mêlée pour trouver leur propre rythme. Mélanie, ex-journaliste, a posé ses valises avec homme et enfants dans le Vercors avec pour projet de profiter de la vie « Courir après le temps du matin au soir, le téléphone portable greffé à l’oreille pour avertir la nounou que le train a encore du retard… Cela a duré 10 ans. Le temps d’avoir des enfants, et de commencer à les élever. Puis tout a basculé. J’ai eu cette impression d’avoir une vie à l’envers, et de passer à côté des choses essentielles de la vie, de ne plus avoir le temps de regarder, d’écouter et de comprendre les gens qui m’entouraient et que j’aimais. Alors j’ai choisi une rupture totale et brutale en abandonnant la société de consommation rapide, pour rejoindre une montagne ou le temps s’écoule à la vitesse du soleil et de la fonte des neiges. Cela oblige à se poser les bonnes questions, celle par exemple de notre but sur cette bonne vieille Terre ? Le bonheur on passe à côté quand on court trop vite, tout le temps. Aujourd’hui j’ai l’impression d’être plus en phase avec moi-même et avec ma famille. Quand ma fille de 10 ans pleure, je prends le temps d’essayer de comprendre pourquoi… Ma seule richesse aujourd’hui c’est lui, ce temps qu’on perd à longueur de temps ! Le reste, je l’ai compris, n’a aucune valeur ». Un choix que bon nombre d’entre nous ne sont pas prêts à faire.

Slow management, slow science, slow sexe, slow cities

Reste l’action collective. À l’image se Slow Food né en Italie en 1986, des mouvements naissent pour fédérer ceux qui entrent en résistance. Il y a désormais le slow management, la slow science, le slow sexe… Ou même les slow cities, qui rassemblent une vingtaine de villes en Europe. Dans leur charte, pas de limitation de vitesse particulière mais des zones piétonnes, de la démocratie participative et du lien social. Car derrière cette quête du ralentissement se cache avant tout une recherche de qualité de vie : 66 % des européens estiment que ralentir leur permettrait de « mieux profiter de la vie », 5 % d’améliorer leur « qualité de vie »*. Le mouvement slow touche d’ailleurs pleinement les jeunes générations et pas seulement les tenants du « c’était mieux avant ». Sur le site internet Etsy, qui donne une voix à tous les créateurs à travers le monde, les moins de trente ans débarquent avec leurs produits faits-main, fabriqués avec soin et attention. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les trois lettres DIY (Do It Yourself pour « fait maison ») donnent 508 millions de résultats dans Google dont un bon nombre de blogs fourmillant de « tuto » (tutoriels) pour faire soi-même, quitte à y passer beaucoup de temps.

C’est sans doute toute l’ambivalence de notre époque de vouloir qu’une page internet s’affiche en 5 secondes et de souhaiter prendre des heures pour décaper une vieille chaise, de pouvoir retrouver sa famille à des milliers de kilomètres en quelques heures et d’aimer faire un gâteau tranquillement avec ses enfants. Mais pour choisir et non subir les rythmes, il faut à l’individu une volonté sans faille et la capacité à définir lui-même ce qui fait sens à ses yeux, sans laisser la société le faire pour lui. À la clé, une vie riche, en accord avec soi-même. Alors prêts à ralentir ?

*Enquête réalisée en ligne en février 2011 dans 4 pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie), auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 individus âgés de 16 à 64 ans dans chaque pays.

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