Alexandre Mourot, un papa 100% Montessori  !

Alexandre Mourot, un papa 100% Montessori !

Quels sont vos premiers souvenirs de papa ?

« En 2010, le 25 mars, je suis devenu père. Et j’ai été instantanément fasciné par cet être si frêle, si vulnérable et pourtant si prêt à accueillir inconditionnellement le monde ! Ce moment est aussi la naissance d’un sentiment d’amour nouveau, puissant et très particulier puisque s’y associe une considérable responsabilité. La tendresse naît comme une évidence, la complicité aussi, mais le souci de protéger tout en aidant à grandir est plus difficile. Ce fut une métamorphose pour moi. J’ai filmé mes enfants depuis leur naissance et, sans connaître Maria Montessori, j’observais des phénomènes dont elle parle : la concentration, l’élan vital, l’enthousiasme, la paix, l’objectif d’un enfant qui passe souvent inaperçu aux yeux des parents, mais aussi les obstacles que mettent les parents au développement de leur enfant. C’est de là qu’est née mon envie de faire ce film.»

Comment avez-vous découvert la pédagogie Montessori ?

« Je me suis d’abord intéressé à d’autres travaux. Notamment à ceux d’Emmi Pikler, une pédiatre hongroise qui a observé la découverte de la motricité libre de l’enfant, et a associé autonomie de mouvement chez le très jeune enfant et développement de l’assurance en soi. C’est en mai 2014, à la lecture d’un article dans la presse que j’achète mon premier livre de Maria Montessori. À partir de là, je me suis intensément plongé dans ses nombreux écrits puis, je suis parti en enquête sur le terrain à la découverte des continuateurs de son travail, associations et écoles, dans toute la France. »

 

 

En quoi sa pédagogie vous passionne ?

« J’ai pris conscience durant tous ces mois de l’importance extraordinaire de son œuvre. Elle considère l’éducation non pas comme une transmission de savoir, mais comme une aide au développement psychique de l’enfant. Ce point est tellement déterminant, tellement actuel ! »

Pouvez-vous nous en dire plus sur le film en lui-même ?

« C’est un film d’observation. Je ne voulais pas faire un film d’entretiens, ni débattre des questions théoriques de l’apprentissage ou du développement de l’enfant. Mais plutôt montrer la pédagogie de Maria Montessori à l’œuvre : rentrer dans la classe, abandonner tout préjugé, me faire oublier, filmer la manière qu’a choisie l’éducateur de cette école du centre de Roubaix (la plus ancienne de France), Christian Maréchal, de faire vivre la pensée de la pédagogue. Je me suis laissé guider par la personnalité de quelques enfants et de l’éducateur qui font vivre au spectateur la justesse, la beauté et les effets de cette pédagogie. Je souhaitais aussi faire entendre le plus directement possible cette voix méconnue qui est celle de Maria Montessori. Montrer l’actualité de sa pensée, de ses préconisations, montrer le matériel qu’elle a imaginé et qui est toujours utilisé. »

Vos premières impressions pendant le tournage ?

« La première chose qui m’a frappé, c’est le calme qui régnait dans la classe. Les enfants allaient et venaient tranquillement, parlaient doucement, manipulaient le mobilier et les objets avec des gestes précautionneux. Certains se promenaient, d’autres s’allongeaient par terre, voire dormaient, d’autres commençaient puis interrompaient une activité. Quelques-uns étaient très concentrés sur un travail : seuls, parfois à deux ou trois en s’aidant et discutant. Au fur et à mesure des visites, je percevais le rythme des demi-journées, avec une sorte d’apogée en fin de matinée. Là, la plupart des enfants étaient vraiment engagés et concentrés dans une activité. »

Ce tournage a-t-il fait évoluer votre vision de la pédagogie ?

« Oh que oui ! Pendant le tournage, j’ai eu la chance de saisir le moment magique d’apprentissage où le petit Géraud transvase du riz, les yeux brillants d’extase pendant plus de 20 minutes. L’un de ces moments que l’éducateur attend patiemment, essaye de favoriser. Sa joie profonde à cet instant m’a convaincu : je devais vivre cette pédagogie de l’intérieur, me former pour faire vivre mon enfant intérieur et transmettre cette vision extraordinaire de l’enfance et du monde. J’ai décidé de suivre durant les vacances d’été 2015 une formation d’éducateur Montessori International 3-6 ans, en Espagne, avec une formatrice mexicaine. Dernière étape de la formation : cet été ! »

En tant que papa, quel est le principe phare qui vous guide ?

« L’observation (Voir l’article « Montessori observer son enfant« ) : une posture qui réclame d’agir moins pour observer davantage. C’est regarder son enfant dans ses besoins et les faire passer avant les siens. Lorsque j’ai vu que ma fille souhaitait se servir de l’eau à table, je lui ai acheté une cruche adaptée à la taille de sa main. Elle a pu ainsi s’exercer et affiné ce geste délicat au moment où elle était parfaitement prête à le faire. C’est aussi se mettre à sa place en permanence : c’est ainsi que j’ai décidé de retirer les appuie-têtes de notre voiture pour permettre à nos filles d’avoir un champ de vision plus large et rendre les trajets beaucoup plus riches en découvertes. L’enfant n’est pas un adulte en miniature ; il a ses propres centres d’intérêts, son rythme à lui (Voir l’article : « Montessori, les périodes sensibles de l’enfant). À nous parents, éducateurs, de les observer et de les respecter pour favoriser leur construction et leur épanouissement. »

 

 

Le principe de « non-substitution » du parent ou de l’éducateur vous semble également essentiel, de quoi s ‘agit-il ?

« Outre l’observation, Maria Montessori invitait les parents, les éducateurs à ne pas se substituer à l’enfant dans les tâches qu’il fait lentement ou « mal » : c’est à dire pas comme on le voudrait. Elle nous mettait en garde : « Nous devons le laisser faire les choses par lui-même parce que sa vie même va dépendre de sa capacité à agir de façon autonome » (L’éducation et la paix). Il nous faut donc de la patience, de la confiance et de l’indulgence pour les gestes parfois malheureux : « Dans la classe, il doit y avoir aussi un certain nombre d’objets fragiles : verres, assiettes, vases, etc. Sur ce point je suis certaine que les adultes s’exclameront : « Comment ? Mettre du verre entre les mains d’un enfant de 3 à 4 ans il le cassera sans doute ! » De cette manière ils montrent tenir davantage au verre qu’à l’enfant : un objet de peu de valeur nous semblera donc plus précieux que l’éducation du mouvement des enfants » (L’enfant dans la famille) »

Quels sont vos objectifs pour ce film ?

« Que les spectateurs vivent au mieux l’expérience de la classe et la rencontre avec les enfants. Je souhaite que ce film soit diffusé largement, y compris à l’international car je suis persuadé que si l’on cherche à comprendre profondément Maria Montessori, elle agrandit notre regard sur nos enfants et nous permet ainsi d’être plus justes dans nos relations avec eux. Le film n’est au final  qu’un prétexte à se rencontrer, débattre, espérer, préparer l’avenir de nos enfants et celui de nos sociétés ! »

 

Rendez-vous le 27 septembre au cinéma pour découvrir le film le maître est l’enfant d’Alexandre Mourot !

 

 

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